Le style Renaissance

Le style Renaissance tourne résolument le dos au style médiéval. Même si l'on conserve certains meubles gothiques, pour leur utilité, les ornements classiques issus de la Renaissance italienne viennent s'y greffer.

Esthétique

Principales caractéristiques

  • le style Renaissance reprend les cinq ordres classiques d'architecture gréco-romaine (dorique, toscan, ionique, corinthien et composite)
  • aux colonnes dégagées ou engagées, on ajoute les pilastres qui n'ont qu'une fonction décorative.
  • décoration foisonnante : les motifs rappellent des scènes d'époque ou bien s'inspirent de la mythologie.

Ornementation

  • Le balustre
  • Les rinceaux : enroulements d'acanthes contrariés et alternés, plus légers que ceux de l'Antiquité
  • Les Putti : angelots ou figures dérivés de Cupidon
  • Encadrements architecturaux
  • Le tondo : tableau de forme ronde ou médaillon
  • L’arabesque  : composition florale symétrique de feuillages légers autour d'un motif central, souvent une tige très fine, un ruban noué, une vasque ou un candélabre
  • Les grotesques : sans symétrie, contrairement aux arabesques, elles peuvent comporter des motifs animaliers ou mythiques, elles sont aussi souvent plus légères. En France on parlera plus souvent de grotesques plutôt que d'arabesques.
  • Le mascaron
  • La coquille, motif de décoration en demi-coupole sans rapport avec la coquille Saint-Jacques.

Le mobilier italien emprunte ses formes à l’architecture antique : fronton, entablement, colonne, pilastre, arcade, … Les motifs ornementaux sont variés : putti, mascarons, cartouches, cuirs découpés, médaillons, miroirs, guirlandes, rubans noués, entrelacs, corbeilles de fleurs et de fruits, chutes de piastres, 

Meubles courants

  • Le coffre : il est souvent offert à l’occasion des mariages et reste l’essentiel du mobilier. Il porte le nom de cassone en Italie. Le bâti du coffre reste le même qu’au Moyen Âge assemblé par queue d'aronde, mais la façade évolue. Les pinacles sont remplacés par des balustres avec insertion de médaillons, de grotesques et d’arabesques, de rinceaux et de coquilles.
  • Le cabinet est le meuble de rangement pour objets précieux. Il est composé de deux corps.
  • Le dressoir : il sert à exposer la vaisselle chez les riches propriétaires.
  • La table est la copie de la table romaine. Elle est formée d’un plateau rectangulaire supporté par deux pieds extrêmes, reliés par une entretoise. Le plateau est souvent orné de marbres et de pierres de couleur. Vers la fin du xvie siècle, on exécute des tables à 6, 8 ou 9 pieds. Le dessus dissimule deux volets coulissants permettant d’en augmenter la surface (tirettes).
  • Les pendules

 

Les Sièges

  • La chaise à haut dossier

 : cette chaise monumentale possède souvent un fronton. Elle contient un coffre dans son assise mais perd son dais. Le dossier est formé par des planches jointes sur lesquelles se développe une ornementation.

Applications collées : corniches, plinthes, chapiteaux.
Le fenestrage est remplacé par des rinceaux et le couronnement fait référence aux arts gréco-romains, par un entablement se terminant par une corniche et une architrave. On retrouve souvent, sur la partie haute du dossier, un motif en forme d'écusson ou un miroir (sorte de cercle bombé en bois poli).
  • La sedia dantesca : fauteuil en X fait de quatre montants qui se croisent deux par deux en formant l'arc brisé du gothique; cet arc supporte le siège constitué d'une large sangle de cuir. Un dossier droit, deux accotoirs et deux patins lui donnent l'aspect d'un faudesteuil.
  • La sedia savonarola (ou fauteuil en tenailles) : fauteuil en X issu du faudesteuil médiéval. Il est constitué de huit montants parallèles affectant un mouvement de contre-courbe formant un arc en accolade. Le dossier caractérisé par une découpe très sinueuse est souvent orné, en son centre par un écusson.

Techniques et outillage

  • Le garnissage
Pour les sièges, les surfaces dures en bois naturel seront progressivement remplacées par une garniture de cuir, de tapisserie ou de tissu fin. Tendu sur des sangles et rembourré de feutre.:
  • La marqueterie
Au xive siècle, la marqueterie est remise à la mode en Toscane. Le bois de rapport d’une épaisseur de 3 à 5 millimètres est taillé soit au ciseau, soit avec des instruments de sciage, proches des outils du menuisier. Le décor en placage recouvre entièrement un support en bois ordinaire. Les éléments sont découpés, ombrés à la chaleur et ajustés pour être collés sur leur support les uns après les autres.
Le xve siècle est une époque importante dans le développement du décor marqueté. À Florence, une école va se créer, spécialisée dans le décor marqueté : les Intarsiatoris.
Benedetto da Maiano fut le représentant le plus illustre du procédé à incrustations : l’intarsio.
  • Les incrustations (Le tarsia atoppo et tarsia certosina)
Les entrelacs géométriques sont des bandes préparées en bloc et incrustées dans la masse du bois (tarsia atoppo). La représentation d'une ville traitée en perspective, est le sujet préféré des artistes du Nord de l'Italie et est réalisée avant le montage et incrustée ensuite (tarsia certosina).
  • Technique « mauresque »
Cette technique consiste à faire des incisions profondes que l'on remplit de filets de pâte blanc ivoire dits à « la mauresque » ou « mauresque blanche »; les motifs préférés sont les enroulements de rinceaux très fins.

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